3 questions à Béatrice Poutiers, Ingénieur et Maître de Conférence Associée

3 questions à Béatrice Poutiers, Ingénieur et Maître de Conférence Associée

De l’ingénierie du bâtiment au conseil, puis à l’enseignement supérieur, Béatrice Poutiers (promo 2002) a construit un parcours riche, guidé par l’exigence, l’adaptation et la transmission. Fidèle à l’EPF depuis plus de vingt ans à travers sa participation aux jurys de PFE et aux événements alumni, elle partage son regard sur l’évolution du métier d’ingénieur, l’importance de préparer les étudiants aux réalités du terrain et les raisons de son engagement durable auprès de son école.

Onze ans de grands groupes, le conseil, l'enseignement : comment se construit une trajectoire d'ingénieure sur vingt ans ?

J'ai obtenu mon diplôme en 2002 avec un objectif clair : travailler dans le bâtiment. Pendant onze ans, j'ai exercé comme ingénieure généraliste chez des majors de la construction comme Demathieu & Bard, puis Vinci / GTM Bâtiment. En 2013, j'ai fait le choix de passer à une activité de conseil en autoentreprise à temps partiel, pour concilier vie professionnelle et vie de famille : trois enfants sont nés entre 2011 et 2013. Ce n'était pas une rupture, mais un ajustement réfléchi. En 2018, une nouvelle dimension s'est ajoutée : l'enseignement supérieur, à mi-temps, en Master Génie Civil à l'université Gustave Eiffel, puis à l'ESIEE. Ces transitions m'ont appris qu'un parcours d'ingénieure n'est pas une ligne droite, et que ce n'est pas un problème. Ce qui compte, c'est de rester exigeante sur le fond ;  les compétences, la rigueur, la capacité à s'adapter et quelle que soit la forme que prend l'activité.

Ce que vous transmettez à vos étudiants, vous auriez aimé le recevoir en sortant de l'EPF ?

J'ai toujours eu une fibre de l'enseignement, elle n'a pas trouvé de place à l'EPF, l'école ne m'ayant jamais sollicitée sur ce terrain. C'est finalement à l'université que cette dimension s'est concrétisée. Ce que je cherche à transmettre à mes étudiants, c'est avant tout une lecture réaliste du métier : ce qu'on apprend sur le terrain ne ressemble pas toujours à ce qu'on a préparé en cours, et c'est précisément là que se joue la capacité d'adaptation. J'aurais aimé, en sortant de l'EPF, avoir une vision plus précise de ce que représente concrètement les premières années en entreprise — les décisions à prendre, les codes à comprendre, les ajustements à faire. C'est ce que j'essaie d'apporter à mes étudiants aujourd'hui.

Vingt ans de jurys de PFE à l'EPF : qu'est-ce qui vous fait revenir ?

Dès mes années d'études, j'ai voulu créer du lien entre étudiants et diplômés : j'avais initié les apéros rencontre de l'option MMS en tant que déléguée d'option en 4e et 5e année. Ce réflexe ne m'a pas quittée après le diplôme. J'ai répondu aux sollicitations de l'école, participé aux jurys de PFE pratiquement chaque année de 2002 à 2025 ,  avec une interruption entre 2020 et 2023, liée aux confinements et j'ai eu l'occasion de corriger et de faire passer des soutenances de stage d'exécution. J'ai conservé des liens très agréables avec le service des stages et avec M. Moreau, conférencier et ancien responsable de mon propre PFE, à qui je dois beaucoup. Ce qui me fait revenir, c'est simple : je suis fière de la qualité de mon diplôme EPF, et je veux contribuer à le faire rayonner. J'aime aussi voir l'évolution des étudiants et des formations. Et les manifestations alumni sont un bon moment pour retrouver de très bons amis d'école, dans le cadre de l'école — ce qui reste toujours très agréable pour des anciens.

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